L'Autre Collège 

Un collège associatif, citoyen, innovant... différent!

La place des parents : Un projet de co-education

Les projets de co-éducation avec les parents, comme ceux des crèches parentales, des écoles du 3e type, ou de nombreuses écoles alternatives canadiennes, se fondent sur le principe:

- d'une structure largement ouverte aux parents, 

- de l'existence de nombreuses activités organisées avec/pour eux : présentation des réalisations des élèves, fêtes...

- d'un investissement des familles dans l'encadrement.

 

 
Ce système présente plusieurs avantages :


  • Offrir aux élèves de multiples possibilités de partage, de rencontres, d’ateliers, pour favoriser le lien social et les échanges
  • Réduire les frais de scolarité en profitant des compétences des parents
  • Rassurer, parce qu’une pédagogie différente peut être source d’inquiétude pour les parents, et qu'une présence régulière permet de mieux comprendre les choix et les pratiques de l'équipe.

 

La participation des parents

 

C’est un fonctionnement qui a déjà été expérimenté avec succès dans d’autres structures comme la Ferme des enfants ou les écoles Montessori 21.

 

Chaque famille assure alors un temps (2 ou 3 heures hebdomadaires, à déterminer) dans l'école,

- soit avec les enfants (animation d’ateliers, encadrement des temps de travail autonome),

- soit en dehors de leur présence (soir et week-ends : bricolage, gestion administrative de l’école, gestion des réseaux sociaux, etc… selon les compétences de chacun). 

Annee 2019-20: une logique d' "ecole parentale"

Notre budget prévisionnel nécessite l'inscription d'au moins 23 élèves pour permettre de salarier un intervenant à temps plein.

 

En attendant, c'est-à-dire au moins pour l'année 2019-20, nous fonctionnerons  sur un modèle de La vie simplement et de l'Atelier des Possibles avec un encadrement assuré par un roulement de volontaires (parents d'élèves et/ou bénévoles) en phase avec la philosophie du projet.

Chacun transmettra et accompagnera en fonction de ce qu’il sait faire et de ce qu’il a envie de partager

 

Un tel choix peut sembler inquiétant au premier abord pour les parents, tant il est éloigné de notre représentation de l’école et des usages en vigueur.

 

Pourtant…

 

  • Pour transmettre, la passion et l’envie de partager ses connaissances sont plus importants que les diplômes : nous l’avons tous constaté un jour 
  • Il n'est pas question de parents « enseignants » mais de parents « facilitateurs d’apprentissage ».

 

A L'autre Collège, personne n'est là pour « enseigner » au sens classique de ce terme (« cours magistral »).

Le projet se fonde sur l’apprentissage par projet : la meilleure situation d’apprentissage est celui qui s’expérimente « pour de vrai » dans des situations vécues. Le savoir se construit dans les interactions, dans la recherche, dans des pratiques actives.

Le rôle des adultes est d’être présent en cas de besoin, d’apporter des aides méthodologiques (« comment on conjugue “acquérir“ ? L’ordinateur ne s’allume pas ? Je ne trouve pas le dictionnaire ? »…), de répondre aux questions - non pas en ayant réponse à tout, mais en accompagnant dans la recherche des réponses. 

 

Comme l’explique François Taddéi [1], dans le monde actuel, le plus important n’est pas la mémorisation des connaissances, c’est la capacité à savoir où et comment rechercher les informations, à les comparer et à les synthétiser (François Taddéi, Apprendre au XXIe siècle, édition Calmann-Lévy, 2018).

 

  • Plusieurs expériences montrent que ne pas être spécialiste d’une discipline... peut être un véritable atout

 

Ainsi, au Lycée expérimental de Saint-Nazaire, Jean-Paul Closquinet, qui y a enseigné les mathématiques pendant près de 20 ans, a constaté que les lycéens progressaient davantage dans discipline  lorsque les cours étaient assurés par un enseignant dépourvu de formation scientifique :

« J’ai remarqué que les activités maths ne « marchaient » jamais aussi bien que quand je n’y étais pas. Quand un élève travaille avec un membre de l’équipe éducative qui n’est pas identifié comme le spécialiste, il s’autorise à dire, à tâtonner, à expérimenter car il ne s’expose pas au regard de celui ou celle dont il a l’impression qu’il sait tout » 

 (Jean-Paul Closquinet, Les Maths : leur enseignement au lycée. Pratiques et réflexions, ICEM Edition, page 16).

 

 

  •  Pour les situations ou les personnes qui demanderaient une transmission plus académique 

 

- Parmi les bénévoles qui se sont déjà proposés, nous avons plusieurs enseignants ou futurs enseignants, et/ou des personnes très expérimentées : c’est le cas en histoire-géographie-éducation civique, en anglais, en russe, en espagnol, en musique, en art plastique, en Français, en mathématiques…

 

- Nous sommes plusieurs porteurs du projet à maîtriser, évidemment, le programme du collège et largement au delà, et surtout à avoir une bonne expérience d’enseignement à tous les niveaux (de la maternelle à l’université).

 

- Le travail des élèves se fera via de nombreux « outils pédagogiques » qui serviront de supports aux apprentissages formels.

Pour les mathématiques, ce document qui décrit nos futures pratiques (jeux d’apprentissage, supports auto-correctifs, matériel de manipulation etc… ) en est un exemple.

 

Pour les langues, nous allons engager des intervenants de langue native en anglais, espagnol, etc… qui encadreront des ateliers de conversation.

 

Pour les sciences, nous projetons plusieurs partenariats avec des associations promouvant des approches différentes des sciences à l’école, notamment les Savanturiers, la Main à la pâte et avec le Palais de la découverte.

 

 

  •  Est-ce possible légalement ? Oui : toute personne ayant, selon la loi, « un diplôme à bac + 2, un casier judiciaire vierge et une maîtrise fluide de la langue française (pour les personnes d’origine étrangère) » peut être enseignant dans une école privée.

 

 

Au final, le choix d’une « école parentale » n’est pas un pis-aller : c’est un vrai choix positif, une autre conception des apprentissages.